Quand créer avec ses mains change le regard
Nous sommes aujourd’hui nombreux à rechercher – ou plutôt à re-chercher – du sens.
Non pas parce qu’il n’a jamais existé, mais parce qu’il s’est parfois dilué avec le temps.
Le monde moderne va vite.
Très vite.
Trop vite, souvent.
Les personnes qui cherchent du sens aujourd’hui ne sont pas forcément au début de leur chemin.
Elles ont déjà une expérience.
Un vécu professionnel.
Des responsabilités.
Elles ont appris à s’adapter.
À répondre aux attentes.
À avancer.
Et un jour, ce qui suffisait avant ne suffit plus.
Un grand nombre de personnes reviennent vers les activités manuelles.
La couture.
Le tricot.
Le dessin.
Le travail de la matière.
Ce n’est pas un hasard.
Créer avec ses mains n’est pas qu’un loisir.
C’est une manière de ralentir.
De se recentrer.
Une activité manuelle permet de se reconstruire, là où les mots ne suffisent plus.
Faire du neuf avec du vécu
Le patchwork est né de la récupération.
À l’origine, on utilisait des morceaux de vêtements usés, parfois chargés d’histoire.
Rien n’était neuf, mais rien n’était jeté.
Chaque tissu avait déjà vécu.
Et pourtant, une fois assemblés, ces morceaux donnaient naissance à quelque chose de nouveau.

Avec le temps, j’ai compris pourquoi cette pratique m’avait autant attirée.
J’avais besoin de remettre du sens.
D’assembler les morceaux de mon propre parcours.
De relier mes expériences, même celles qui semblaient disparates.
Le patchwork m’a permis de faire cela :
prendre ce qui existait déjà,
respecter ma nature profonde,
et imaginer une suite plus alignée.
Comme dans la vie, ce ne sont pas les parcours linéaires qui créent la cohérence,
mais la manière dont on assemble ce que l’on a vécu.
Ralentir pour mieux écouter
Le patchwork demande du temps.
On ne peut pas aller plus vite que le geste.
Ni forcer la matière.
Il faut mesurer.
Couper.
Assembler.
Et recommencer.
Au début, cela peut frustrer.
Surtout quand on a appris à aller vite.
À produire.
À être efficace.
Or, le corps, lui, connaît son rythme.
Et le geste répété apaise le mental.
Ralentir n’est pas renoncer.
Ce n’est pas reculer.
C’est parfois la seule manière d’entendre ce qui cherche à émerger.
Accepter l’imperfection et ajuster en chemin
En patchwork, il m’est souvent arrivé de défaire des coutures.
Une ligne mal placée.
Un assemblage approximatif.
Une couleur qui ne trouvait pas sa place.
Sur le moment, il y avait de l’agacement.
L’impression de perdre du temps.
De revenir en arrière. Et je ne te le cache pas, c’est le plus difficile pour moi !
Et en recommençant, quelque chose changeait.
Le geste devenait plus juste.
Le résultat plus satisfaisant.
J’ai appris que défaire n’était pas un échec.
C’était une étape. Et le comprendre réellement dans sa chaire, c’est autre chose !
Aujourd’hui encore, dans mon activité, je doute.
J’ajuste.
Je remets certaines choses en question.
Rien n’est figé.
Avancer ne signifie pas être sûr de tout.
Parfois, cela signifie simplement accepter de refaire autrement.
Se reconnecter à soi par le geste
Créer avec ses mains ramène à l’essentiel.
Au toucher.
À la matière.
À l’instant présent.

C’est une manière de se reconnecter à ce qui nous faisait du bien, autrefois.
Parfois dès l’enfance.
Avant les injonctions.
Avant les rôles à tenir.
Avant ce que l’on pensait devoir devenir.
Beaucoup d’activités manuelles ont ce pouvoir.
Elles apaisent.
Elles ancrent.
Elles réconcilient le corps et l’esprit.
On n’a pas besoin d’être artiste pour créer.
On a juste besoin de s’autoriser à essayer. Pour soi même, rien que pour soi.
Ce que le patchwork m’a appris, au-delà des tissus
Avec le temps, le patchwork m’a transmis quelques leçons simples.
Faire une pause n’est pas un échec.
Rien de ce que nous avons vécu n’est inutile.
On peut toujours assembler autrement.
Le chemin se dessine en avançant.
Il n’existe pas une seule feuille de route.
Ni un modèle unique à suivre.
Seulement des chemins singuliers.
J’ai récemment partagé mon parcours personnel sur le blog Habitudes Zen.
Cette expérience m’a donné envie d’explorer ici ce que le patchwork m’a appris, au-delà de mon histoire.
Il n’y a pas une seule manière de recoudre sa vie
Quand quelque chose ne va plus, il est parfois nécessaire de s’arrêter.
Vraiment.
Même si cela va à l’encontre de ce que la société valorise.
Même si cela dérange.
Même si les qu’en dira-t-on sont présents.
Prendre soin de soi n’est pas un luxe.
Ce n’est pas un caprice.
C’est parfois une nécessité.
De mon côté, le patchwork m’a aidée à ralentir.
À réfléchir.
À oser dire ce que je ne voulais plus.
Et, peu à peu, à clarifier ce que je voulais.
Créer m’a offert un espace pour écouter ce qui se passait à l’intérieur.
Sans pression.
Sans objectif de performance.
Juste avec le geste.
Ce chemin peut prendre du temps.
Il n’est pas linéaire.
Il demande parfois de défaire pour refaire autrement.
Certains signes ne trompent pas.
Quand le sourire revient.
Quand le sommeil s’apaise.
Quand l’envie de se lever le matin réapparaît.
Souvent, c’est que l’on est sur le bon chemin.
Comme en patchwork, chaque ouvrage est différent.
Les couleurs.
Les motifs.
Les rythmes.
Les intentions.
À travers les quilts que je matelasse pour mes clientes, je vois cette diversité chaque jour.
Aucun ne se ressemble.
Chacun raconte quelque chose.
Chacun reflète une personnalité.



J’en partage régulièrement quelques exemples sur mes réseaux sociaux,
parce qu’ils montrent, mieux que des mots,
qu’il n’existe pas une seule manière de créer,
ni une seule manière de se construire.
Se reconstruire ne signifie pas repartir de zéro.
Cela signifie souvent faire avec ce qui est là.
Et oser lui donner une nouvelle forme.
Comme en patchwork, il n’existe pas un modèle unique.
Et chaque chemin mérite d’être respecté.
Respectueusement. Karine.
À retenir
• Oser faire une pause quand ça ne va plus est parfois indispensable.
• Le regard des autres ne doit pas passer avant le soin que l’on se porte.
• Les activités manuelles aident à ralentir et à clarifier ce que l’on ressent.
• Défaire pour refaire autrement fait partie du processus.
• Quand le corps va mieux, l’esprit suit souvent.



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